Centre for the synthesis
and analysis of biodiversity

A centre created and developed by the FRB

Dans la série des Séminaires Scientifiques du CESAB

Salle de projection du Forum, Europôle de l’Arbois, Aix-en-Provence

Mardi 8 octobre, 10h



« LalogoCESABsmall synthèse scientifique et le CESAB :
une nouvelle façon d’appréhender les enjeux globaux de la biodiversité »
Par Bruno Fady, chercheur INRA, URFM Avignon et attaché scientifique du CESAB.

Résumé :
La biodiversité est un domaine de recherche qui demande la mobilisation d’importants jeux de données collectés dans différents lieux, à différentes échelles, sur différentes variables : distribution des espèces, suivi dans le temps, données biologiques, climatiques, socio-économiques, télédétection, etc. Cependant, la réponse à certaines questions nécessite de rassembler cette multitude d’informations qui dépassent souvent les jeux de données collectés à l’issue de travaux individuels ou de programmes de recherche limités dans le temps. Le potentiel d’analyses nouvelles et de synthèse des données acquises lors de ces études diverses et non coordonnées reste ainsi largement sous-exploité. Le CESAB invite à une nouvelle façon de faire de la recherche sur la biodiversité en exploitant mieux les données et les informations existantes. Il accueille dans ses locaux des groupes de chercheurs pour des sessions de travail qui s’inscrivent dans la durée.


Et
Mardi 8 octobre, 11h

GAPSARSmallPix« La biodiversité à la base du fonctionnement des écosystèmes coralliens
vue par la lorgnette des poissons»
Par Michel Kulbicki, chercheur à l’IRD de Banyuls /mer, groupe de travail GASPAR

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Résumé :
La diversité du vivant est à la base du fonctionnement des écosystèmes. Notre compréhension des processus qui lient cette diversité à la dynamique du vivant est encore embryonnaire malgré les efforts considérables déployés en ce sens. Comprendre ces processus dans un monde confronté à des changements majeurs et rapides qui érodent la biodiversité est devenu un enjeu majeur. Un des problèmes dans cette quête provient du manque d’information dont nous disposons notamment à large échelle et dans les systèmes riches pour construire et valider des modèles prédictifs. Les poissons coralliens, qui sont répartis dans toutes les zones tropicales, sont les vertébrés les plus diversifiés de la planète avec des pics à plusieurs centaines d'espèces à l'hectare. Ils vivent également dans des milieux très contrastés de part la taille, la diversité et le degré de connectivité de leur habitat, ce qui en fait des organismes très intéressants pour tester des hypothèses sur de nombreux processus liés à la diversité et pour calibrer des modèles. Le programme GASPAR a permis de construire une base de données rassemblant la plupart des espèces de poissons coralliens connues (> 6300) et de leur assigner un ensemble de traits vie (alimentation, taille, comportement, etc.) et de construire des cartes de répartition à partir des atlas et des données d’observation. A partir de cette base nous avons ensuite défini des régions biogéographiques qui vont structurer nos analyses à grande échelle.

Nous avons ensuite examiné un ensemble d'hypothèses en écologie théorique, les principales étant:

1- le rôle des espèces rares dans la structure fonctionnelle des assemblages;

2- la hiérarchisation des facteurs qui structurent la biodiversité de ces poissons à travers le monde en confrontant 3 explications : l'énergie, la théorie de biogéographie des îles et l’effet du «milieu de domaine».


L'étape suivante a consisté à élucider le rôle des traits de vie dans la dispersion et la colonisation des récifs par les poissons coralliens. Nous avons également montré que la très grande diversité taxonomique des poissons de récif n'engendrait pas nécessairement une bonne protection contre la perte de fonctions car la plupart de ces fonctions sont assurées par un petit nombre voire le plus souvent une seule espèce, ce qui rend ces fonctions vulnérables. Nous montrons cependant qu'il existe de forts gradients dans la distribution spatiale de ces fonctions, en particulier la taille des espèces est inégalement répartie et semble régir un ensemble important de processus à petite et grande échelle. En particulier l'un des services essentiels apporté par la diversité est la production de biomasse. Cette dernière, contrairement à la plupart des modèles proposés jusqu'à présent, est très inégalement répartie et dépend d'une combinaison de facteurs locaux et régionaux. L'exploration de ces données est loin d'être terminée avec en particulier l'apport d'outils tels que la phylogénie, les estimations d'âge ou l'utilisation d'isotopes stables qui vont nous permettre d'affiner notre compréhension de la façon dont la diversité façonne le fonctionnement de nos écosystèmes.

 

BrunoFadySemSci8Oct2013LR